Un poisson frais se reconnaît d'abord à sa peau de couleur vive et irisée, couverte d'un mucus abondant et transparent. L'œil est bombé, la pupille brillante remplit l'orbite. Les branchies sont bien colorées et sans mucus. La chair est ferme, résistante au toucher, brillante et non colorée le long de l'arête centrale. L'odeur, enfin, doit rappeler la marée fraîche, sans trace d'ammoniac. Voici comment je fais le tour de ces signes devant l'étal, en quelques secondes.
Reconnaître la fraîcheur d’un poisson
Date de publication : - Contenu actualisé le · Par Fabrice

Les cinq points à vérifier sur un poisson entier
- La peau : couleurs vives, reflets irisés, écailles bien adhérentes. Le mucus, cette pellicule naturelle, doit être clair et abondant ; un mucus laiteux ou collant trahit un poisson qui a attendu.
- L'œil : bombé, brillant, la pupille noire bien nette. En vieillissant, il s'enfonce, devient plat puis vitreux et grisâtre.
- Les branchies : soulevez l'ouïe, elles doivent être rouge vif ou rose brillant et humides. Brunes, grises ou poisseuses, passez votre chemin.
- La chair : appuyez du doigt sur le flanc, elle doit reprendre sa forme aussitôt. Si l'empreinte reste marquée, la chair se relâche.
- L'odeur : fraîche, iodée, une odeur de mer. Une note aigre, lourde ou ammoniaquée ne laisse aucun doute.
Pourquoi ces signes ne mentent pas
Dès qu'il sort de l'eau, le poisson commence à se transformer : les enzymes de sa chair et les bactéries présentes sur sa peau et dans ses branchies se mettent au travail. Les branchies, très irriguées, sont les premières à brunir ; l'œil perd son eau et s'affaisse ; la chair, en se relâchant, perd son élasticité. L'odeur d'ammoniac vient de la dégradation de certaines protéines, qui n'apparaît qu'au bout d'un certain temps. Plus la chaîne du froid a été respectée, plus ces étapes sont lentes.
Filets, darnes et poissons tranchés
Sans tête ni branchies pour vous guider, regardez la chair. Elle doit être brillante, nacrée, d'aspect humide mais sans liquide au fond du présentoir, et ses feuillets doivent rester serrés. Le long de l'arête centrale, sur une darne, la chair ne doit pas être colorée de rouge ou de brun. Un filet qui se délite, se sépare en lamelles ou paraît terne et sec en bordure n'est plus de première fraîcheur. Le plus sûr reste de choisir un poisson entier et de demander au poissonnier d'en lever les filets devant vous.
Les crustacés et coquillages
Les crustacés vivants doivent réagir quand on les touche, et les crustacés cuits avoir une carapace brillante et une odeur fraîche. Les coquillages vendus vivants, moules, huîtres ou palourdes, doivent être fermés ou se refermer quand on tapote la coquille ; une coquille cassée ou béante qui reste ouverte se jette.
Du marché à la cuisine
Faites du poisson votre dernier achat, transportez-le dans un sac isotherme et rangez-le aussitôt dans la partie la plus froide du réfrigérateur, bien emballé pour que son odeur ne gagne pas les autres aliments. Cuisinez-le dans les vingt-quatre heures. Pour lever vous-même les filets ou retirer la peau proprement, un couteau souple et affûté est indispensable : je vous explique comment garder des couteaux bien tranchants. Un poisson très frais se reconnaît encore une fois cuit, à sa chair qui se détache en beaux feuillets nacrés, sans goût fort.
À propos de Fabrice

Fabrice
Né en 1971 en Bourgogne, Fabrice a appris à cuisiner en famille avant l’École hôtelière de Paris. Acheteur pendant dix ans pour un groupe de restaurants parisiens, il signe ici une cuisine de saison et du marché, nourrie de ses voyages.