Ramon est né le 19 février 2004 d’un papa et d’une maman Radgoll, tous deux au pedigree impressionnant. Mais il a été choisi uniquement pour sa robe et son caractère. Il est arrivé gros comme le poing de la main et pas très en forme. La portée avait été atteinte, évènement exceptionnel chez un éleveur, de toxoplasmose. Il était le seul à survivre. Si l’on pense à la sélection naturelle, il était finalement le plus fort et le plus vaillant. Après quelques mois, il est devenu un chat grand, beau et fort. Mais surtout très affectueux. Il a assisté à toutes mes activités à la maison, du levé au couché. Il m’accompagnait et me suivait partout. En cuisine, il me regardait confectionner mes recettes. Pour les photographies, il me suivait aussi. A l’heure où j’écrivais les recettes, il s’intercalait entre le clavier et l’écran pour s’assurer que tout se passait bien sur la cuisine de Fabrice.
Je savais que le jour de son départ serait difficile, mais je ne pensais pas que cela arriverait si brutalement et si violement.
Il s’est faufilé sur une terrasse dangereuse que je maintenais toujours fermée. Mais aujourd’hui, je ne sais pas ce qui m’a pris, j’ai laissé la porte ouvert. Quant je l’ai vu, il était en situation difficile. En se retournant il a glissé. En tombant, j’ai vu son regard crispé et effrayé.
Sept étages plus bas, j’ai pu encore le prendre dans mes bras. Je l’ai délicatement posé dans la voiture et j’ai foncé à la clinique oubliant code de la route et signalisation. Il s’est éteint en chemin et j’ai vu ses yeux tournés.
Le cycle de la vie est ainsi : on nait et on disparait. Il a beau être un animal domestique, un chat d’appartement, c’était un compagnon que j’aimais énormément.
Ce soir la cuisine est triste et désolée. Les avocats attendront mais pas son hommage.
Ramon, je pense à toi, tu nous manqueras et je te souhaite un beau voyage…
